D’un coup, toute une famille au ciel ?

Il s’agit de l’histoire d’une famille assassinée le 7 avril 1994 et qui pourrait être béatifiée comme famille. Ce sont de magnifiques témoins de la paix et de réconciliation dans un pays qui a tellement souffert de la violence.


La librairie UOPC (avenue Gustave Deley 14-16 à 1160 Audergehm) a demandé à Jean-Luc Moens, membre actif de la Communauté de l'Emmanuel, de présenter son livre sur les Rugamba le vendredi 18 février à 18h. N'hésitez pas à soutenir ce projet (le livre mais également l'UOPC) !


Jean-Luc Moens et sa femme Anne vivent à Louvain-la-Neuve depuis plus de 40 ans. Ils sont membres de la Communauté de l’Emmanuel dans laquelle Jean-Luc a exercé diverses responsabilités. Il est actuellement chargé du suivi de la cause de béatification de la famille Rugamba qu’il a très bien connue au Rwanda entre 1990 et 1994.


 

Du coup, toute une famille au ciel ?

C’est ce qui pourrait arriver au couple Cyprien et Daphrose Rugamba et les 7 enfants tués avec eux à Kigali le 7 avril 1994 si l’Église reconnaît leur martyre.


Cyprien est un scientifique poète rwandais qui a toujours proclamé l’unité du peuple rwandais. Auteur-compositeur célèbre dans son pays, ses chants sont connus de tous les rwandais. Après 17 ans de mariage difficile, il se convertit suite aux prières et à la fidélité de son épouse, Daphrose. Il devient un chrétien ardent, passionné de paix et d’unité. Désormais il proclame : « Il n’y a pas de hutu, il n’y a pas de tutsi, il n’y a que des enfants de Dieu. »


Cyprien et Daphrose s’engagent dans le Renouveau Charismatique. Daphrose est responsable d’un groupe de prière. Ils rencontrent la Communauté de l’Emmanuel et la fondent au Rwanda. Daphrose remarque la terrible pauvreté des enfants des rues et, avec Cyprien, ils créent un service pour les accompagner et les sortir de la rue.


Pendant ce temps, Cyprien refuse toute adhésion aux partis politiques qui se créent début des années ’90. « Si vous êtes du parti de l’amour, alors je suis avec vous. Sinon, je suis contre vous. » Il va même voir le président pour dénoncer les indications ethniques sur les cartes d’identité. Sa voix de prophète de la paix et de la réconciliation s’élève dans le pays à un moment où se préparent les atrocités de la guerre. C’est pour cette raison que son nom apparaît très probablement sur une liste de personnes à éliminer.


Après la mort du président Habyarimana dans la chute de son avion, le 7 avril, les soldats de la garde présidentielle commencent à éliminer ceux qui font obstacle aux horreurs qui se préparent. Vers 11h, ils se présentent à la porte des Rugamba. Le chef des soldats l’interroge : « Alors, Cyprien, tu es toujours chrétien ? » Lorsque Daphrose demande d’aller dire adieu à Jésus dans la chapelle de la maison où est conservé le Saint Sacrement avec la permission de l’évêque, elle reçoit un coup de crosse qui la plie en deux. Un soldat va mitrailler le tabernacle. La famille est ensuite réunie dans un coin de la propriété et fusillée.


Le livre « Cyprien et Daphrose Rugamba – une famille pour le ciel » raconte leur histoire hors

du commun. La phase diocésaine du procès de béatification de Cyprien, Daphrose et des enfants morts avec eux s’est terminée en septembre 2021. Si l’Église les déclare martyrs, c’est toute une

famille qui pourrait monter sur les autels : un fait rarissime dans l’histoire, mais aussi un signe magnifique que la sainteté est aussi une affaire de famille !



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