• Serge

Homélie de cette semaine dans "Feu nouveau"

Veillez !


« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » conclut l’évangile de ce jour. Devons-nous nous stresser à l’idée que le Seigneur pourrait venir à l’improviste ? Prendrait-il un malin plaisir à nous surprendre ? Devons-nous vivre dans l’attente angoissante du jour où le Seigneur surgira ?


À travers les paraboles, Jésus invite très souvent les disciples à veiller : « Si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé », « Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller », « C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs et demandé au portier de veiller ». Au Jardin de Gethsémani, Jésus reprochera à Pierre de ne même pas avoir pu veiller une heure.


Le chrétien, comme tout homme, peut vite se laisser endormir par la routine et les habitudes. Veiller, ne serait-ce pas dès lors être toujours prêts à se remettre en question, à interroger sans cesse sa foi et ses priorités. Veiller, c’est peut-être aussi empêcher nos yeux de se fermer sur le monde qui nous entoure et refuser de boucher nos oreilles aux appels que Dieu sans cesse nous lance. Veiller, enfin, c’est porter toute notre attention vers celui qui vient, sur la lumière qui pointe à l’horizon plutôt que de se laisser engloutir par la nuit et les ténèbres du désespoir. Le veilleur dans la nuit est un homme d’espérance, car il sait que le soleil finira par se lever ! Rien à voir donc avec une attente stressante et angoissante !


La parabole que nous venons d’entendre évoque cinq jeunes filles insouciantes et cinq prévoyantes. « Insouciant » est également le terme qu’utilise Jésus, dans une autre parabole, pour désigner l’homme qui a bâti sa maison sur le sable : celui qui entend les paroles de Jésus, mais qui ne les met pas en pratique. Être prévoyant, pour Jésus, c’est ajuster notre vie à notre foi, c’est entretenir quotidiennement notre volonté de conformer nos actes à ses paroles.


Saint Paul, dans la seconde lecture, nous dit que le but final est d’être « toujours avec le Seigneur ». C’est une préoccupation qui revient souvent dans ses lettres : être en communion avec le Christ : « Je vis – dit Paul, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi ». Cette affirmation est pour lui un cri de joyeuse espérance. Non seulement sa vie, ses actes, sont « habités » par le Christ, mais cette communion est aussi pour lui l’assurance que la résurrection du Christ est indissociable de la nôtre et que « ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus » et de notre communion avec lui, « les emmènera avec son Fils ».


Le chrétien qui veille, le chrétien prévoyant est un chrétien qui est habité par le Christ, qui non seulement écoute ses paroles, mais les met en pratique, un chrétien porteur d’espérance, car dans notre vie comme dans nos morts, le Christ est avec nous. « Réconfortez-vous donc les uns les autres avec ce que je viens de dire ! » nous dit Paul.


Patrice Eubelen

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