Homélie de René Rouschop pour les Rameaux

Il est grand le mystère de la foi


La pierre est scellée. La tombe est bien gardée. L’ordre est rétabli. Comment peut-on appeler Seigneur un homme qui a subi la mise à mort réservée aux esclaves ? Tel est le paradoxe de ce jour. Et de cette grande semaine. Avec la foule de Jérusalem, nous avons acclamé Jésus comme celui qui vient au nom du Seigneur. Avec les Juifs qui se demandent qui est cet homme, nous avons écouté la Parole qui soutient le serviteur de Dieu dans sa souffrance. Avec les disciples du Christ qui nous ont transmis les témoignages de Paul et de Matthieu, nous avons contemplé celui qui s’est anéanti – littéralement il s’est vidé – jusqu’à la mort et la mort de la croix. Et nous allons bientôt répéter symboliquement les gestes de son dernier repas : le partage du pain et du vin préfigurant son corps et son sang livrés pour nous et pour la multitude. « Avant d’entrer librement dans sa passion » dit la première Prière Eucharistique.


Librement : « voilà pourquoi Dieu l’a exalté » ajoute l’hymne de la lettre aux Philippiens. Plusieurs écrivains de notre siècle se sont penchés sur le choix crucial de Jésus au jardin des Oliviers : pourquoi n’a-t-il pas voulu fuir la mort violente qui s’annonçait ? La réponse est dans la passion. La passion, en langage courant, est une attitude d’engagement total, qui pousse au-delà du raisonnable et du rationnel. Dans sa passion pour l’humanité, dans le fond de son cœur et sous le regard du Père, dans la compagnie fragile de ses trois meilleurs amis, le Christ a puisé la foi et la force d’aimer qui lui ont permis de traverser l’épreuve et d’affronter la mort. Ainsi la croix est devenue le signe de l’Alliance entre la terre et le ciel, promise à tout l’univers sur qui cette croix étend ses bras. Les rameaux verts de l’espérance et le sang rouge de l’amour crucifié sont inséparables du linceul blanc de la résurrection. C’est pourquoi nous pouvons proclamer en tout temps : Jésus Christ est Seigneur.


René Rouschop

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