La Semaine sainte d'un papa confiné - Chapitre 3 : Comme au jardin des Oliviers

Mis à jour : avr. 7

« Début des vacances » annonce l’agenda tout joyeux. Comme un cynique rappel du monde d’avant… Ce lundi ne coïncide pourtant ni avec le début des vacances ni avec la fin des emm… La journée s’annonce même plutôt compliquée. Ce matin, Marie va reprendre le chemin de l’hôpital. Et moi, eh ben, je vais faire comme je peux.


Avant de s’en aller, mon épouse s’est voulue rassurante : « en général, après le déjeuner, ils sont calmes ; ils jouent dans leur coin. » Bien évidemment, je la crois… Tandis que je consulte mes mails professionnels, je file dans la cuisine, enfile mon tablier et commence à hacher panais et carottes. Mais je n’ai pas commencé à peler le deuxième de mes légumes que déjà se font entendre les éclats de voix. Isaac veut voir ce que je fais et Joachim insiste pour que je lui lise un livre. Les trois activités étant manifestement incompatibles, j’en propose une quatrième : tout le monde s’habille ! Evidemment, tout le monde n’est pas d’accord… Une petite prière ? Quelques exercices d’écriture ? Aucune de mes propositions ne convainc. Commencent des discussions sans fin, des négociations sans fond. Quelques lointains exercices de pleine conscience m’aident à repérer les signaux dans mon corps : je sens que je m’énerve. Mais ils ne me permettent pas de me calmer. O mon Dieu, pourquoi cette journée ?


Un chemin de croix ? La métaphore paraît facile. Elle est surtout inappropriée. Il n’empêche, Jésus a peut-être quelque chose à me dire ce matin. En me voyant me battre et me débattre, je pense à lui. Depuis des jours, il voit la souffrance et la mort arriver. Intérieurement, il lutte, sans doute. Espère encore. Doute sûrement. « S'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! » Mais les jours passent, et la coupe ne s’éloigne pas. Alors, il s’abandonne, et il consent. « Non pas comme je veux, mais comme tu veux. »


Apprendre à danser avec le réel plutôt que lutter avec lui. Eviter les combats perdus d’avance et les vaines colères. Ne pas succomber à tout mais toujours accueillir. Je sens l’humeur des enfants, j’entends leur énergie. Finalement, je propose aux enfants de faire du vélo. En quelques minutes, tout le monde est sous le soleil – et habillé ! Nous partons. Durant une heure et demie, nous serons ensemble, au présent.


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